Dialogues par e-mail avec James 1

 

JAMES :
Merci d’avoir écrit et envoyé ton livre. Je l’ai lu et suis en train de le relire. Je le trouve illuminant (sans jeu de mots) et fascinant. Après 30 ans d’étude du Zen, de Gurdjieff, etc., je me suis trouvé immergé dans l’Advaita, Ramana Maharishi, Nisargadatta Maharaj et Stephen Wolinsky. Cela m’a conduit
à toi et à ton processus de Croyance de Base. Du fait que je n’ai découvert Maharaj qu’après sa mort, et que Stephen Wolinsky ne fait plus d’ateliers, il m’a toujours manqué le bénéfice de la transmission directe.

Etant plutôt solitaire, j’ai tendance à me tenir à l’écart des groupes “New Age” et des amalgames d’enseignements qui sont ou furent propagés sous des revendications d’illumination et de libération. Peu d’enseignements au long de ces années “sonnent juste”. Le tien (ainsi que ceux mentionnés cavant) en fait partie. Avec la certitude de comprendre pourquoi tu ne donnes pas les instructions nécessaires pour débusquer la Croyance de Base, et pourquoi tu n’enseignes plus actuellement, je me demande s’il est possible pour toi de prendre un “élève à distance” via email. Réalisant que ce n’est pas l’idéal ni pour toi, ni pour moi, c’est quand même mieux (à mon avis) que de ne pas recevoir d’enseignement du tout. Si cela était possible, quelles seraient les chances de recevoir, au moins, les “instructions” de façon à ce que je puisse continuer seul dans les profondeurs.

Bien que n’étant pas certifié PNL, j’en ai une connaissance de base.

En attendant de te lire,

 

WOLFGANG :

Je suggère de simplement commencer et voir comment ça évoluera.

Il doit y avoir quelques échanges, avant que je ne puisse décider si je puis être d’une aide quelconque pour quelqu’un.

Les personnes que tu cites dans ton mail sont des gens que je respecte de tout mon être.
Connais-tu Stephen Wolinsky personnellement ?


Non, je n’ai pas eu l’occasion de le rencontrer personnellement. J’ai lu ses livres : Psychologie Quantique, Un guide pour les débutants en Psychologie Quantique, Le Tao du Chaos, Je suis ce que je suis, Vous n’étés pas, et Walden III. J’ai aussi écouté sa série de cassettes sur la Conscience Multidimensionnelle.


Dis m’en plus sur toi-même : tes conditions de vie, ton âge, ta situation de famille, un résumé de ta recherche passée, ainsi que toute chose qui te viendrait et que tu sentirais intuitivement qu’il serait important que je sache.


Comment commencer ? Il y a trois ans, j’ai changé de métier. Pendant la plus grande partie de ma vie adulte, j’étais Membre de l’Association Américaine des Golfeurs Professionnels, travaillant comme joueur professionnel.

Je décidais d’appliquer mes 35 années d’études personnelles en psychologie, transformation personnelle, philosophie et spiritualité dans une nouvelle carrière.
Je fis donc une formation et devins Hypnothérapeute, certifié par La Guilde Nationale des Hypnotiseurs.


Donc, tu es thérapeute a titre privé ?


Oui. J’ai commencé ce “voyage” en 1968, sans réellement savoir ou j’allais et pourquoi. J’ai lu tout ce que j’ai pu trouver et j’ai amassé dans ma bibliothèque un nombre considérable d’ouvrages sur la conscience, la philosophie, la spiritualité, la physique quantique (bien que je ne puisse prétendre y connaître grand’ chose), la psychologie et le potentiel humain. Les personnes qui ont eu le plus d’impact sur ma vie par leurs livres ont été (chronologiquement) Gurdjieff/Ouspensky, Alan Watts, Bhagavan Sri Rajneesh (connu maintenant sous le nom d’Osho), Nisargadatta Maharaj, Ramana Maharishi, Ken Wilber, Dr David Hawkins et Stephen Wolinsky.


T’es-tu déjà engagé avec un maître ou dans un enseignement ?


Non.


Pourquoi pas? La plupart des livres que tu as lus disent que sans un maître il est pratiquement impossible de “réussir”.

 

Je n’ai jamais trouvé de maître qui fut disponible; qui enseignât quelque chose que sentis être valable. Ceci ne veut pas dire qu’il n’y a pas de maître ou d’enseignement valable ici, mais seulement que je n’en ai jamais trouvé qui sonne juste pour moi au moment ou j’étais prêt. Je n’étais pas près du vivant d’Osho. Maharishi et Nisargadatta étaient déjà décédés au moment où je découvrais leurs enseignements, et Wolinsky autant que je sache n’a jamais été facilement accessible.

 

Qu’entends-tu par “facilement accessible” ?

Je veux dire que depuis que je cherche un maître, il n’enseigne pas. Je ne lui ai jamais écris ni envoyé d’email, ni à quiconque autre, pour cette raison. Je pense que ce n’était jamais le moment juste, avant, maintenant si. Par rapport à Wolinsky précisément, ses écrits, comparés aux tiens, sont moins clairs. Je comprends plus facilement ‘Croyance de Base’ que ‘Fausse essence’. Il est possible qu’étant habitué déjà à Wolinsky cela me permette une plus grande compréhension de tes écrits, ou bien ton style est plus facile à comprendre. Comme je continuais ce voyage, les influences allaient et venaient. Les enseignements, les idées et les concepts se présentent, ont une signification à un moment précis, puis sont abandonnés; pour être remplacés par d’autres qui ne peuvent être compris que grâce à ceux qui les ont précédés. C’est comme construire les fondations d’une maison. J’ai acquis beaucoup de connaissances, mais quelle en est la valeur, sans la réalisation de soi.
C’est seulement au cours de ces deux dernières années que j’ai décidé de rechercher un maître. Il y a ici beaucoup d’enseignants du Neo-Advaita qui prétendent être réalisés. Ce qu’ils enseignent, ce qu’ils écrivent et professent ne semble simplement pas être la vérité. La plupart voyagent, enseignent et ont de super sites Internet attestant de leur ‘réalisation’ et de ce qu’ils peuvent faire pour ‘moi’. Pour moi, ils “sonnent faux”.


Je suis d’accord, il y a des imitateurs et des imposteurs. C’est bien que tu sembles être capable de faire la différence. Supposons que tu aies raison, comment expliquerais-tu cette faculté ?


Rien d’autre qu’une forte sensation intuitive, probablement en partie due à la fréquentation de beaucoup d’enseignements, vrais ou faux. Et une fois de plus à ce qui “sonne vrai”. C’est à l’oeuvre qu’on connaît l’artisan. Combien de leurs élèves ou disciples se sont réalisés?

Oui, c’est une bonne question à poser.


La réponse, autant que je puisse dire, est: pas vraiment beaucoup, si même il en est. De plus, je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’avoir ou de ne pas avoir de maître. Je ne pense pas qu’il y ait une “bonne manière” d’obtenir la réalisation/libération. Maharishi s’est auto-réalisé, sans maître; le Bouddha, de même, sans un maître particulier. Par rapport au fait de “y arriver”, je ne suis pas sûr qu’il y ait quelque chose à faire. Mais plutôt qu’il y a quelque chose à perdre, à laisser partir.


Tu peux essayer sans maître, mais quand tu es avec un maître, tu dois t’engager complètement.


Personne ne peut générer un engagement, c’est l’individu qui s’engage, bien que, je te l’accorde, avec un maître, il pourrait être difficile de ne pas s’engager.


Pourrais-tu s’il te plait, expliquer cela avec d’autres mots pour que je saisisse le sens exact de ce que tu dis.


Je suis le seul qui puisse s’engager à quoi que ce soit. Le fait d’avoir un maître peut me faire me sentir plus responsable, mais l’engagement vient toujours de l’intérieur de moi et non du fait du maître. Bien que je n’aie jamais eu de relation maître/élève telle que celle que nous pourrions débuter, j’ai eu d’autres relations d’enseignement a la fois comme enseignant et comme élève. Je soupçonne que la dynamique de telles relations sont similaires sinon pareilles. La différence peut tenir dans le fait que, en tant qu’élève, j’initie ou je demande l’enseignement de toi, le maître, et donc cela (la relation et l’enseignement), par conséquent, en soi, est chargé de plus d’importance et de sens pour moi, et je suis de ce fait moins enclin à mettre fin à mon engagement ou à ne m’engager qu’à un certain degré.

 

J’aimerais ajouter que quand tu t’engage envers un maître, tu t’engage envers (et à travailler sur) toi-même.


Oui, c’est vrai.
Je continue de lire ce que je trouve intéressant, en mettant l’accent sur les sujets liés à l’Advaita et à l’éveil. Comme je le disais dans un précédent email, les principes de base de l’Advaita “sonnent juste” pour moi de même que ce que je peux glaner de tes écrits. J’ai aussi lu Poonja-ji, Ganga-ji, Ramesh Balsekar, Douglas Harding, David Godman, Shankara, pour n’en nommer que quelques uns. Je me permettrais de te recommander un livre que j’ai terminé récemment, d’un dénommé Jed McKenna (qui peut exister vraiment ou non) dont le titre est “Spiritual Enlightenment : The Damnedest Thing” (L’illumination spirituelle : La chose la plus extraordinaire ). Ce livre, lui aussi, “sonne juste” et est devenu un de mes favoris.


Jamais entendu parler de lui jusqu’ici. A-t-il des élèves ?


D’après ce livre, il enseigne et a des élèves. Cependant, personne n’a â été capable de déterminer s’il existe réellement ou non. L’opinion couramment admise actuellement est que le livre pourrait être un enseignement sous forme de roman. Il enseigne prétendument dans un endroit non révélé de l’Iowa.

Comment enseigne-t-il et pourquoi n’es-tu pas un de ses élèves ?

D’après son livre, il suggère que l’on “couche sur le papier ce que l’on sait être vrai, ou ce que l’on pense être vrai, en continuant d’écrire jusqu’à ce qu’on en arrive à quelque chose de vrai . . . avec ce procédé on déchire strate après strate les mensonges déguisés en vérités. C’est un processus de discrimination, de se dépouiller progressivement du faux en ne laissant que le vrai.

“La Vérité est ce qui ne peut être simplifié plus avant.”
Je n’ai pas été capable de déterminer où il est et s’il existe.


Vois-tu une quelconque possibilité pour toi d’arriver à savoir s’il existe ?


Au vu de l’information disponible actuellement, l’opinion générale est qu’il n’existe pas. Cependant, je peux te dire que son livre, si instructif et irrévérencieux soit-il, ne m’a pas décidé à lui écrire un mail pour lui demander de me prendre comme élève.


Et pourquoi non ?


Une fois de plus, probablement que le moment n’était pas venu. Alors que je le lisais, j’étais, au départ, excité, puis interrogatif quand j’en vins à voir les possibilités que ce livre soit une fiction. Ce qui pourrait ne pas être complètement mauvais, vu que la possibilité existe que nous vivions tous
une fiction. (sourire)

Ne serais-ce pas ton mental qui te pousse (par la ruse) à ne pas franchir le pas ?


Très certainement ! L’esprit et la peur. Mon mental, en tant que représentation interne de ce que je pense être, semble toujours faire de grands efforts pour se protéger lui-même (l’ego) de quoi que ce soit qui soit inconfortable pour lui.


Et maintenant tu es prêt à accepter l’inconfort de mettre de côté ces protections ?

 

Oui.

Quelles sont, selon toi, tes valeurs les plus importantes ?


Mes valeurs essentielles sont:
Servir avec compassion et Amour inconditionnel.


Comment sais-tu que ces valeurs essentielles ne sont pas des produits par l’identité ?

Je ne sais pas, en fait, je soupçonne l’identité de les produire.


Alors je ne les appellerais pas valeurs essentielles.
As-tu identifié des valeurs essentielles dont tu est sûr qu’elles ne seraient pas générées par l’identité ?

Non, le mot-clé, ici, est “sûr”.


À ton avis ?


Je dirais non.


Je suis d’accord. C’est probablement “non”. Maintenant, si ces valeurs sont générées par l’identité, tu peux les abandonner.

 

Comment le faire ?

 

Exercices :

1. Chaque fois qu’une pensée en relation avec cela survient, alors tue cette pensée, jette-la dans la poubelle, efface-la etc.

2. Dans la vie réelle, chaque fois que tu es sur le point de prendre une décision ou d’agir et que la motivation sous-jacente est liée à “servir avec compassion” ou “amour inconditionnel”, alors pose-toi la question : “Comment agirais-je s’il n’y avait pas de telle motivation ?”

D’accord.


Que se passerait-il si tu le faisais?


Je me verrais (ou je verrais mon identité ?) comme moins... Je ne suis sûr de la manière de mettre cela en mots.


Oui, cela diminuera sans aucun doute l’impact de ton identité.
As-tu déjà consommé des drogues comme le LSD ou la mescaline ?

 

Oui. J’ai consommé les deux à la fin des années 60 et au début des années 70.

LSD, mescaline, peyotl et psilocybine.

Alors tu dois savoir ce que signifie être sans identité, même si cela n’a duré que quelques instants/heures.


Oui. Je me souviens de cette partie de l’expérience. J’ai aussi éprouvé cela une fois depuis, au cours d’une séance d’hypnose plutôt inhabituelle: une sensation de disparaître, bien que je n’en avais pas connaissance au moment-même, mais plutôt un souvenir a posteriori. Cette sensation continua quelques heures par la suite.


Ma définition d’un enseignement véritable est que, en fait, il soustrait, il défait (les mécanismes de l’identité).


Oui, pour moi cela signifie se dépouiller des croyances, opinions et concepts au sujet de soi-même, de ce qu’on pense être ou ne pas être. Je sais qu’il y a plus à perdre ou à enlever et moins, sinon rien, à ajouter.


Bien. Alors tu es prêt à aller à la faillite finale (sourire) ?


Oui, je pense.


Bien.

D’après mes observations il est difficile de comprendre cela pour la plupart des gens qui pensent qu’il y a quelque gain (caché); que quelque chose de nouveau va s’ouvrir.


Je ne m’intéresse pas aux gains cachés ou autres.


Bien.


J’ai réfléchi un peu sur mes valeurs essentielles:

Toutes choses sont Une (ou non duelles).

Tout séparation qui existe (ou que nous croyons exister) est conceptuelle.

Acceptation de “ce qui est” (in extenso, la réalité).

Autosubsistance personnelle.

Et, ce qui est devenu le plus important ces dernières années,

Réalisation de soi (libération, illumination, etc.).

J’ai aussi trouvé une ancienne croyance selon laquelle j’étais supérieur et que la plupart des gens n’avaient rien à offrir. Il pourrait aussi y avoir là une peur non nommée ou non connue jusqu’ici.


Donc tu n’a plus du tout cette croyance que tu es supérieur et que la plupart des gens n’ont rien à offrir ?


Bonne question. Je ne l’ai certainement plus dans le même sens où je l’avais auparavant; cependant, il est possible que ne l’aie “échangée” contre une version différente. Je ne me sens plus supérieur au “commun des mortels” mais je me sens sans aucun doute seul.


Spécial ?


Non, plutôt seul, isolé, mis à part. Pas différent ou spécial. Bien que je comprenne ou croie “l’unicité” de toutes choses (la Substance Une de Wolinsky), incluant le fait que je ne suis pas séparé de quiconque ou de quoi que ce soit, il y a toujours ce sentiment que j’ai que ce qui est important (pour moi) n’est pas important pour la plupart des gens.

Un sentiment que ce qui est important dans la vie pour moi (la libération) est en totale contradiction avec les désirs de tout un chacun. Pour moi, la plupart des gens semblent rechercher expérience sur expérience; même ceux appartenant à la communauté spirituelle. Personnellement je les sens comme ne recherchant rien d’autre que des expériences, ils devraient simplement retourner au LSD et autres.


Ces dernières phrases sont probablement vraies, mais je suggère que tu vérifie si elles ne sont pas générées par la partie “supérieure” ou “spéciale” de ton identité.


Ok. Ma réaction initiale est que ce n’est pas le cas, mais je vais y réfléchir un moment, puis je t’en reparlerai.

Pendant la plus grande partie de ma vie, je croyais être différent et supérieur à la majorité (lire : 98 % ) des ‘autres’ gens de cette planète. Ces dernières années, j’en suis venu à réaliser que:

La plupart, sinon toutes mes souffrances venaient du fait que j’argumentais contre ou je n’acceptais pas “ce qui est”, la réalité de la vie ou la situation présente.


Très belle compréhension.

Pendant la plus grande partie de ma vie adulte, j’ai recherché la complétude à travers mes relations avec les femmes (épouse, petites amies, etc.). Maintenant je sais qu’il n’y a rien qui puisse être complété par l’autre.

Très bien.

L’ << chemin du voyage >> que je cherchais ou considérais, en-dehors de moi-même, est vraiment un << non chemin >>, lequel est intérieur.

Exact.

Toutes choses sont Une (ou non-duelles)

Tout séparation qui existe (ou que nous croyons exister) est conceptuelle.


La réalisation de ces deux choses signifie que tu est réalisé.
Alors pourquoi veux-tu que je t’enseigne ?


Ma réalisation est purement sur un niveau intellectuel. Je n’ai pas de connaissance ou d’expérience directe de cela. Je sens que ton processus de Croyance de Base peut faciliter mon auto-implosion.


J’ai du mal a comprendre comment quelqu’un peut comprendre ceci intellectuellement. Pourrais-tu me l’expliquer ?


Tout ce que j’ai étudié, tout ce que j’ai découvert dans ma vie, m’a conduit à croire en la certitude de la vérité de ces conclusions. Mais elles ne sont toujours que de simples croyances, la compréhension intellectuelle de quelque chose de plus grand. De tous les concepts disponibles, ce sont ceux qui ont le plus de sens. Je les sens justes. Finalement, pour moi, ils ne sont toujours que des concepts, mais qui portent une certaine part de vérité en ou envers eux-mêmes. Il y a toujours un sentiment de ne pas ‘connaître’, de ne pas avoir l’expérience directe de leur vérité. Peut-être est-ce moins une compréhension intellectuelle qu’une croyance intellectuelle. Je ne sais si je peux expliquer cela mieux.


Comment sais-tu que ta “connaissance” est purement intellectuel ?


Cela manque de l’impression d’être senti directement, semblant plutôt être une accumulation de connaissances.


La Vérité ne peut être perçu. La Vérité est (ou n’est pas). Tout ce que tu peux percevoir est vrai mais ce n’est pas la Vérité.


Peux-tu développer cela, s’il te plaît.

 

D’abord, j’aimerais savoir comment tu comprends ceci. Prends du temps pour méditer sur ma dernière phrase et dis-moi ce qui viens.

 

Tout est vrai et simultanément rien n’est vrai suivant le point de vue, la perspective, ce qu’on est ou qui on pense être. L’expérience est la carte de ce qui est vrai, non le territoire de la vérité.

 

Bien. Et développe, s’il te plaît “la vérité ne peut être perçu”.

 

La Vérité n’a pas d’existence ou de réalité séparée en dehors de ce qui est perçu ou attribuée par l’identité. Donc elle ne peut être perçu comme absolue.


Ce serait aussi correct en omettant les 2 derniers mots [comme absolue].

Donc, à partir de maintenant, chaque fois que tu penses (automatiquement) que quelque chose est éprouvé quand tu pense à la libération, alors laisse tomber cela immédiatement.

La réalisation que tu es déjà libre peut croître petit à petit (à partir du néant) et n’est pas nécessairement un événement ou un non-événement.


D’accord.

 

Fais-tu des exercices réguliers comme de la méditation etc. ? Quelle est ta relation avec ton corps ?


Je pratique régulièrement (de façon journalière ou hebdomadaire) la technique HeartMath [NdT : Marque déposée] qui implique la régulation du souffle et la conscience du coeur associée à la génération intentionnelle d’émotion positives (attention, appréciation, etc.) Cela peut être utilisé (mais ne doit pas l’être) avec des logiciels de biométrie qui fournissent un feedback visuel et auditif de l’état du système nerveux autonome. On apprends à engendrer son propre équilibre psychologique, physiologique et émotionnel.

De ce que tu écris, je dirais que ça ne vaut pas grand chose du point de vue de se débarrasser de maya/l’identité. Tant qu’il y a l’identité, il n’y a pas d’équilibre possible. Il n’y a pas nécessité à s’entraîner à des état ou des attitudes positives dans mon enseignement; au contraire, cela pourrait aider à maintenir des parties de l’identité. Donc je te conseillerais simplement d’arrêter cette pratique.


OK, j’ai arrêté.

Je me fais aussi masser (Hellerwork [Ô NdT], une forme de Rolfing [Ndt : service mark ; Le rolfing doit son nom à celle qui l'a mis au point, Ida P. Rolf.] qui est moins agressive et inclus un dialogue) environs une fois par mois.


Oui, c’est même indispensable pour toi. Serait-il possible pour toi de faire des exercices plusieurs fois par jour qui t’épuiseraient physiquement ?


Oui, peut-être pas plusieurs fois par jour, mais certainement au moins un ou deux fois par jour.


Bien.


Durant les 6 dernières semaines j’ai changé de régime alimentaire car je commençais à prendre des centimètres de tour de taille et à prendre du poids ce qui n’est ni nécessaire ni désirable. J’ai aussi débuté un programme d’entraînement, de façon à avoir un corps en meilleure santé et en meilleure forme.


Entraînement quotidien, oui, très bien. Le corps en meilleure forme est seulement un by-product. Je voudrais que tu sois plus centré sur son corps (plutôt que sur-centré sur l’intellect).


J’avais l’habitude de faire beaucoup de choses (café, sucre, mauvaises habitudes alimentaires, peu d’exercice) qui n’étaient pas saines pour le corps. Je fume toujours. C’est le moment de changer.


Laisse venir naturellement, ne force par. Ne te fais pas trop de soucis au sujet du tabac, du café et du sucre. A propos, j’ai trouvé que le régime des groupes sanguins du docteur D’Adamo utile pour le corps. Peut-être tu pourrais l’essayer pendant quelques semaines sans trop exagérer.


Ok. J’étudierai le régime de D’Adamo.

 

Bien. Quel est ton but dans la vie, exactement ?

Au niveau essentiel: Réaliser ma vraie nature.


C’est OK.


Assister les autres quand j’aurais découvert ma vraie nature …

Laisse tomber cela.

 

Pourquoi ?

Il est inutile de projeter quelque chose sur un néant non encore réalisé.

Laisse ça tomber immédiatement et stoppe/supprime toute pensée en relation avec cela dès qu’elle apparaît. Dis-moi dans quelques jours comment cela évolue.


OK !
C’est profond.
…Vivre la vie comme elle se déroule. Mourir comme un corps, sans identité.

Excellent.

Désires-tu cela avec tout ton être ? Oui es-tu prêt à souffrir pour cela, si nécessaire, plus que tu ne peut l’imaginer maintenant ?


Difficile question. Si je ne peux imaginer la souffrance, comment puis-je répondre de manière certaine?


Pas une souffrance particulière, simplement “plus que jamais”.


Oui.
Ceci étant dit, puisque dans mon scénario perso, la souffrance provient du fait de résister à “ce qui est”, je trouve de plus en plus facile de moins souffrir. Donc, ma réponse définitive est oui.


Je n’arrive pas à te suivre dans tes conclusions. Comment quelque chose qui diminue la souffrance, te mène à accepter une souffrance plus intense ?


Ce que je veux dire c’est que je ne résiste plus à “ce qui est”, à la réalité, donc il y n’y a réellement plus beaucoup de souffrance dans ma vie.

De temps en temps, je l’oublie encore et je [re]commence a résister à ce qui est, mais habituellement il se passe peu de temps avant que je ne réalise ce que je suis en train de faire et que j’arrête.


Te souviens-tu de la différence entre souffrance utile et souffrance inutile dans l’Enseignement de Gurdjieff ?


Non.


S’il te plaît, relis les chapitres correspondants et dis-moi avec tes mots comment tu comprends cette différence.


Les chapitres correspondants dans quels livres ? Je jetterai un coup d’oeil, mais je n’ai trouvé que quelques références dans “In search of Miraculous” [NdT : Fragments d’un Enseignement Inconnu].


Excellent. Il y a un autre livre, si tu l’as, jette un oeil, “The Fourth Way”, d’Ouspensky.


La souffrance utile peut mener à l’éveil ("le rappel de soi" suivant la terminologie Gurdjieffienne). La souffrance utile consiste à s’occuper des peurs intérieures, me mettre intentionnellement dans des situations qui peuvent être inconfortables, que je n’aime pas ou que je trouve déplaisantes. La souffrance inutile provient de la résistance à / non acceptation de la réalité.

 

L’autopitoyage est une autre forme fréquente de souffrance inutile. Au sujet de la non-acceptation de la réalité: Il semble que cela soit un problème majeur dans ton fonctionnement.

Peut-être m’as-tu mal compris ou suis-je en train de mal te comprendre. Je sens que j’accepte facilement quoi que ce soit qui arrive, réalité incluse. D’après ce que je comprends, tu dis que ce n’est pas le cas. Peux-tu clarifier ceci ? J’ai fait beaucoup de travail sur “ l’acceptation de la réalité de ce qui est” .


Donc depuis un bon moment il n’y a eu dans ta vie rien ni personne qui t’énerve ? Qui te mette en colère ? Qui te fasse te sentir humilié ? Même pas G. W. Bush ?(rire)


Non, il m’arrive encore d’éprouver de l’énervement, de me mettre en colère, (je ne me souviens pas de la dernière fois ou j’ai été humilié), mais je ne souffre pas du fait de ces émotions ou des situations qui les ont causé. Je les vis (les émotions) puis je les laisse partir.

 

continuer

 

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L'Enseignement Advaita de Wolfgang Bernard