Wolfgang Bernard interviewé par Christian Campfield
 

Peux-tu nous donner un bref aperçu de ton histoire personnelle et du cheminement de ton évolution?

Mon évolution a débuté en 1970. A cette époque, je poursuivais mes études à Francfort, en Allemagne, et je participais activement aux derniers instants du mouvement estudiantin. Comme la plupart des jeunes de l'époque, j'étais déçu parce que la société demeurait telle qu'elle avait été, avec toute sa souffrance, au lieu d'évoluer vers un nouvel humanisme. Le grand choc était de réaliser que cette souffrance existait aussi à l'intérieur de moi. Ce choc était suivi par la première question existentielle de ma vie: “Qui suis-je, quelle est la signification de ma vie? Tant que je n'aurais pas découvert la réponse à ces questions, je ne pourrais pas vivre en fonction d'un autre but.”

C'était par ces questions que débutait ma recherche de l'Ultime. A partir de l'âge de 22 ans, cette quête constituait le centre de ma vie personnelle et professionnelle. Mon premier maître était un professeur de yoga indien, Mahindra. C'était un homme très doux, qui m'a transmis de nombreuses techniques “secrètes” du yoga, qu'il avait apprises auprès de différents maîtres indiens. Je faisais de mon mieux et tous les efforts imaginables afin d'atteindre cet état fameux appelé “Samadhi”. Quand deux années de travail ardu n'avaient finalement pas abouti à de vrais résultats, j'ai décidé d'étudier d'autres approches spirituelles, et pour de brèves périodes je rejoignais des groupes tels que théosophes et autres. Dans un des centres spirituels du sud de l'Allemagne que j'avais visité, je rencontrais une personne juste de retour des Indes, qui parlait d'un “Superguru” nommé Bhagwan Shree Rajneesh. Après avoir lu quelques écrits (des transcriptions de discours de Rajneesh), j'étais très motivé pour aller à sa rencontre. D'où ma décision de vendre tout ce que possédais et d'acheter un billet d'avion pour Bombay. La relation avec Rajneesh était très intense, et je faisais l'expérience des compréhensions lumineuses que j'avais espérées. C'était comme si tous mes efforts menaient finalement aux résultats que j'avais désirés. Pendant six semaines je me trouvais continuellement dans un état indescriptible, très extatique. Etait-ce l'ultime Samadhi? Je suis allé le voir afin de lui demander si ce que je vivais était l'illumination. Il m'a répondu très gentiment: “Comment peux-tu ne pas t'en apercevoir quand le soleil entre dans l'obscurité?” Instantanément, l'état d'extase s'évaporait, et j'étais de retour dans la normalité. Je sus que beaucoup de travail restait à faire, que j'avais fait tout ce que je pou vais, et que je devais être patient.

J'attendais donc, je retournais en Allemagne et commençais mon travail 'animateur de stages de développement personnel (tantra, hypnothérapie, méditation dynamique etc.) Quelques années plus tard, je me suis établi dans le sud de la France, où j'entendais parler de la PNL. A cette époque, j'étais très frustré parce que mon objectif principal, la libération, n'était pas encore atteint, et j'avais perdu presque tout espoir qu'il le serait un jour. Il me semblait que j'avais fait tout ce que je pouvais faire. Je lisais tous les livres disponibles sur la PNL et prenais la décision de suivre une formation. Je me disais: “Je n'ai plus aucune inspiration, et il n'y a plus rien que je puisse faire afin d'atteindre la libération. Pourquoi ne pas apprendre et pratiquer la PNL, afin d'aller bien et peut-être même mieux, jusqu'au moment où quelque chose se présente et me permet d'avancer dans ma quête?”

Je suivais donc la formation, et je travaillais comme thérapeute en même temps. Deux ans après avoir fini la formation de Maître Praticien je fis la connaissance d'Yvan Amar qui disait vivre cette fameuse libération que je cherchais. En plus, il offrait un contact personnel, ce qui était très important pour moi. Je suis donc allé à sa rencontre, et nous avons parlé de beaucoup de choses, mais il a dû sentir que je ne croyais plus vraiment en ma libération. Il m'a simplement dit: “Veille à ne pas laisser s'éteindre la petite flamme.” Deux ou trois nuits plus tard, je me réveillais d'un rêve où je descendais une colline à ski, à une vitesse folle. Ma tête a heurté la branche d'un arbre, en pleine descente, et il y a eu comme une explosion. Le lendemain, plus rien n'était comme avant: confusion , non-être, impossibilité de savoir ce qui se passait. C'était le début d'un processus de purification qui devait durer trois ans, et durant lequel Yvan a été un ami très compétent. Je traversais mon processus personnel de croyance de base. A la fin, tout devint silencieux. Ce silence ne m'a plus jamais quitté depuis.



Qu'est ce qui t'a attiré vers la PNL?

J'étais fasciné par cette approche parce qu'elle utilise le langage afin de provoquer des modifications structurales au niveau du système nerveux; particulièrement le méta-modèle du langage est remarquable. Cette approche était tout à fait nouvelle et novatrice dans le domaine de la psychologie. J'étais très attiré par les conférences de Richard Bandler et par les écrits d'Alfred Korzybski. Plus tard, quand le travail avec submodalités et croyances a été mis au point, j'ai découvert que la PNL pouvait être utile dans l'exploration des structures plus profondes de l'être humain.



Comment as-tu utilisé le travail sur les croyances afin d'explorer les couches profondes des êtres humains , et peux-tu expliquer ce que tu entends par le terme “Croyance de base”?

Selon les présuppositions PNL, les systèmes de croyance constituent les parties les mieux cachées, les moins conscientes de la psychologie humaine. J'avais toujours voulu savoir ce qui se passe “derrière les coulisses”, et pendant, et après ma formation PNL j'effectuais un travail en profondeur afin de me rendre compte de mes croyances inconscientes. Ce qui m'a le plus frappé était la découverte qu'aucune, vraiment pas une seule, de mes croyances n'était véritablement mienne: toutes, je les avais adaptées, adoptées; elles provenaient d'autres personnes, de ce que j'avais lu, ou entendu. Toutes les opinions que j'avais par rapport à tous les différents aspects de la vie étaient empruntées, de deuxième main. La question était donc: si aucune de mes croyances n'est véritablement mienne, qu'est-ce qui crée la croyance que je crois en mes croyances? Et j'avais l'intuition que la réponse à cette question m'approcherait de ce que désirais le plus: la compréhension des origines du fonctionnement humain. Je présupposais que derrière la totalité des croyances, opinions, idéologies et concepts il existe un système de croyance qui fait que les gens croient en leurs croyances. Ce système de base, la “croyance de base”, est à la personnalité, ce que le tronc est à l'arbre: l'élément central.`



Comment t'es-tu servi de la PNL dans ta quête de l'ultime? Et quels étaient les outils et techniques PNL qui intervenaient dans ce processus?

Au début, je ne faisais aucun lien entre la PNL et ma quête. A une exception près. Pendant la formation de Maître Praticien, nous travaillions pendant trois jours avec un formateur qui avait lui-même été formé par Gene Early, l'un des premiers formateurs PNL. Il utilisait un exercice que je propose encore aujourd'hui, et que j'appelle “la valeur essentielle”. Pour moi, c'était un tournant décisif de ressentir profondément qui je suis. Beaucoup plus tard et de façon très soudaine et inattendue, quand j'expérimentais avec un autre formateur PNL différents exercices sur les croyances, j'entrais en contact, au fond de moi, avec ce que j'appelle aujourd'hui “la croyance de base”. A ce moment-là, j'avais l'intuition d'avoir touché quelque chose d'essentiel, mais je n'ai pu le mettre en mots que des années plus tard.



Peux-tu décrire la différence entre ce que tu enseignes et ce que l'on peut s'attendre à trouver dans une formation PNL plus classique?

Chaque formateur a son propre style, bien sûr, selon ses propres critères et priorités. Mes critères font que je ne prends dans mes formations que des gens dont la priorité est clairement établie: “Qui suis-je? “ ou “Que puis-je faire pour atteindre la libération?”



Est-ce que le processus de croyance de base est accessible à tout le monde?

Je recommande toujours de lire d'abord mon livre. Une bonne préparation émotionnelle et mentale est nécessaire afin de mener à bien ce processus. Beaucoup de ce que l'on peut apprendre dans une formation PNL classique s'avère utile dans ce sens, sauf si le formateur à une orientation trop exclusivement intellectuelle.



Peux-tu décrire l'état pré-sensoriel?

D'abord, ce n'est pas un état. Si c'en était un, on pourrait le décrire. Ensuite, il ne peut pas être décrit car il est l'innommable, l'indescriptible. Ceux qui sont capables de percevoir maintenant-immédiatement-tout-de-suite tout ce qui ne peut être décrit peuvent avoir un aperçu de cela.



Est-ce le bonheur?

Ni le bonheur ni le malheur.



S'il ne s'agit ni de bonheur ni d'un état de bien-être, de quoi s'agit-il?

Cela ne peut pas être décrit, et on ne peut en faire l'expérience. Bonheur et bien-être peuvent être expérimentés. La perception pré-sensorielle peut s'ouvrir quand le désir urgent de connaître la vraie signification de notre vie, nous emporte au-delà de notre croyance de base. Voici une présupposition qui peut s'avérer utile: “il existe quelque chose dans notre vie qui a plus de valeur que bien-être et succès professionnel ou personnel.”



Depuis que tu es totalement établi dans l'état de la perception pré-sensorielle, qu'est ce qui a changé pour toi?

D'abord et encore, cela n'est pas un état. Ensuite, je ne dirai jamais que je suis totalement établi dans la perception pré-sensorielle. Troisièmement, il est impossible de s'établir dans la perception pré-sensorielle. Quatrièmement, il est impossible de se établir dans la perception pré-sensorielle.

Pré-sensoriel signifie hors du temps, et il n'y a aucun moyen de le mesurer, ni de l'atteindre, car il est déjà présent. Mais aucun des outils mentaux dont nous disposons en tant qu'êtres humains n'est capable de le saisir.

Tu demandes: “Qu'est-ce qui a changé pour toi?” Lors d'une conférence, on m'a posé la question: “Quand tu penses à la vie que tu menais auparavant, comment la décrirais-tu?” Il m'a fallu un moment afin de retrouver à quoi ressemblait ma vie avant, et j'ai répondu: “En comparaison par rapport à maintenant, c'était l'enfer.”



Qu'est-ce que tu veux dire “c'était l'enfer”? Qu'est-ce qui a changé? Pour tous les auditeurs PNL, c'est quoi, spécifiquement, qui s'est modifié pour toi?

C'était l'enfer, comparé à maintenant. L'enfer est comme un rêve. Quand tu rêves, tu as parfois des rêves merveilleux et extatiques, et parfois des cauchemars. Si l'on avait le choix, on prendrait toujours les beaux rêves, et jamais les cauchemars. Mais l'état de rêve demeure un état de rêve. Mon but profond était de ne pas rester dans l'état de rêve, même si la PNL nous fournit de nombreux moyens afin de diminuer les cauchemars et de multiplier les beaux rêves. Mon but profond était de me réveiller du rêve. Tu demandes “c'est quoi, spécifiquement, qui s'est modifié pour toi?” Je ne recherche plus rien. Ma quête existentielle est arrivée à sa fin. Je ne suis donc plus intéressé par la recherche d'états internes plaisants et agréables. Quel que soit l'état interne qui se présente - cela me va bien. Finalement, je suis capable de ne plus croire en mes croyances. Croire en ses croyances équivaut à l'enfer, par rapport au fait de ne pas croire en eux. La question n'est pas de savoir s'il s'agit d'une croyance positive ou pas. Et quand je vais mal, je n'en souffre plus.



Si la perception pré-sensorielle est “hors du temps” et non mesurable, peut-on l'apprendre? Et si oui, comment?

Non, on ne peut pas l'apprendre. Afin de trouver l'accès de cette perception, il faut désapprendre. Laisse-moi expliquer. Tu as appris une quantité de choses belles et utiles dans ta vie qui t'aident à la mener d'une façon à peu près satisfaisante. Tout ceci, bien entendu, n'a pas à être désappris. La chose à désapprendre est la capacité de “croire en tes croyances”. Afin d'y parvenir, tu peux par exemple écouter attentivement ton dialogue interne pendant quelques semaines. C'est à ce niveau que tes croyances, concepts, opinions etc. sont codés. Aussitôt que tu détectes une opinion, une croyance, fais comme si tu ne croyais pas en elle. Pour faire ceci comme il faut, observe ton dialogue interne sans relâche. Après quelque temps, tu apprendras peu à peu le geste désapprendre à croire en tes croyances. Plus tu avances dans ce processus, plus grandes deviennent les chances que la perception pré-sensorielle se fasse jour ici et là.



Est-ce que tu fais l'expérience d'émotions désagréables?

Oui.



Qu'est-ce qui te rend heureux?

Il y a tant de choses qui me rendent heureux chaque jour: je suis heureux quand je suis seul, je suis heureux quand mon enfant rentre à la maison, je suis heureux quand il y a de bonnes nouvelles, etc.



Et triste?

Ce qui me rend vraiment triste c'est de voir un enfant souffrir.



Et qu'est-ce qui te met en colère?

Je peux me mettre en colère quand quelqu'un essaie de tricher avec moi.



Est-ce que tu ressens parfois angoisse ou peur?

Il y a deux sortes de peur. L'une que j'appelle “instinctive”, qui est une réaction physiologique normale face à un danger extérieur réel. C'est une alarme face à une menace - par exemple si tu entends tout à coup que quelqu'un démolit ta porte d'entrée. Ou la peur instinctive d'une mère dont l'enfant est sévèrement allergique aux produits laitiers - elle doit transformer sa peur en vigilance. Ce type de peur est très utile. Puis il y a une autre sorte de peur: celle créée par l'homme qui hallucine ou représente des événements menaçants dans l'avenir ou dans le présent. Quand de telles hallucinations se font jour en moi, je sais comment ne pas croire en leur existence. Je sais que c'est mon propre esprit qui hallucine. Ainsi, je n'ai ces peurs et angoisses que pour une fraction de seconde, ensuite je sais quoi faire pour qu'ils ne se répandent pas dans mon système nerveux.



Qu'est-ce qui est important pour toi?

De remplir mes obligations du mieux que je peux.



Qu'est-ce que tu sens que la vie a encore à t'apprendre? Quand on vit la perception pré-sensorielle et que c'est la fin, qu'est-ce qui reste après cela?

Il y a des situations où je suis là pour les autres, d'autres où j'apprends, d'autres encore où je suis à l'écoute. Et il y a des situations où je fais des erreurs et où je comprends de travers. Tout ceci est part de la vie. L'ultime leçon de la vie, c'est d'apprendre l'humilité, non pas une fois pour toutes, mais encore et encore.



Est-ce que tu planifies et construis tes états internes?

Non. Tout état interne, quel qu'il soit à un moment donné, est le bienvenu. Mes états internes ont perdu leur importance.



Perdu leur importance?! Et pour rester en état de ressource, comment tu fais?

Je fais ce que je fais, mais je ne sais pas pourquoi je fais ce que je fais. Je ne m'occupe pas de mes états internes. La valeur de base est toujours pleine de ressources, peu importe l'état interne.



Peux-tu approfondir la différence entre valeur de base et croyance de base?

Atteindre la fin de son évolution personnelle, mourir à sa propre identité avant la fin de la vie physique est le plus grand défi dans une vie humaine. C'est un double processus: nourrir le réel (la valeur essentielle) et renier (ou surmonter) le faux (la croyance de base, ou le “faux centre”, selon le terme du Dr. Steven Wolinsky). Pour résumer, disons que la croyance de base est la croyance la mieux cachée, la plus désagréable, installée dans notre système nerveux depuis l'enfance. Elle va de pair avec l'illusion d'être ou d'avoir une identité séparée: moi ici, et toi et la table là-bas. Sur un plan fonctionnel, il est nécessaire de séparer “moi” de “toi” et de “la table”, mais l'erreur fondamentale et la source de tous les conflits entre humains est justement cette confusion de niveaux logiques: nous croyons que l'autre et les choses que nous percevons sont séparés de nous, alors qu'en réalité, ils ne le sont pas. Tout ce qui existe est depuis l'origine interconnecté, est fait de la même substance. Mais tant que nous ne sommes pas ce que l'on appelle “libérés”, nous ne pouvons apercevoir que tout est fait de la même substance: non seulement stylos et chapeaux, mais aussi la vie et la mort, la souffrance et l'extase, le rouge et le vert.

30 secondes de pause.

J'ai nommé “valeur de base” le joyau le plus précieux que nous possédons au-dedans de nous. Cette valeur est cachée dans chaque être humain; le graal, le meilleur du meilleur qui sommeille dans chacun d'entre nous, en attendant d'être réveillé. Je vais te lire un extrait de mon livre: “Pour celui qui devient l'expression vivante de sa valeur de base, les implications sont multiples. Puisqu'elle nous renvoie à notre vocation profonde, elle entraîne automatiquement un engagement vis-à-vis de soi-même. Contrairement aux critères qui motivent ou démotivent, il n'est plus question ici de stimulants: la personne qui exprime cette valeur accomplit son devoir existentiel sans (se) poser de questions. Qu'elle le veuille ou non, qu'elle soit motivée ou non, là n'est pas la question. L'exhumation de la valeur de base est un événement existentiel, qui renvoie directement au coeur de la nature humaine. C'est une péripétie explosive qui, temporairement, relativise tous les critères pour lesquels on a vécu jusqu'alors, et qui étaient issus de ce qu'on peut appeler “l'intérêt personnel”. La valeur de base renvoie à un niveau non seulement de reconnaissance de soi, mais simultanément à un niveau de reconnaissance de l'existence, de la vie, de la création. On passe alors par un sentiment de grande humilité joyeuse, dès l'instant où la valeur personnelle se lie à la valeur de tout ce qui existe. C'est dans ce sentiment d'humilité que se transforme la motivation personnelle en devoir existentiel. Ce devoir n'est pas vécu en tant que contrainte, mais comme une évidence, tout à fait naturellement: comme une “obligation” non-forcée, sans attente d'un résultat. Ce qui subsiste, c'est l'action elle-même, dépourvue de tout intérêt personnel.” Ici, nous rencontrons la source de l'être humain, incarnée dans un homme ou une femme en tant qu'individu - toute expression de la valeur de base étant accompagnée d'une innocence d'enfant et d'une joie ludique.



Ainsi, le fait de travailler l'un en laissant l'autre de côté peut mener à une compréhension incomplète?

Oui, tout à fait. Imaginons d'abord une personne qui, par son travail personnel, est arrivée au-delà de sa croyance de base, qui vit dans l'attention de ce que j'ai appelé “la perception pré-sensorielle” et chez qui, pour une raison ou une autre, la valeur de base n'a pas commencé à fleurir (ceci est évidemment un exemple extrême et hypothétique). On pourrait croire le travail terminé. Le rien, le vide est devenu le centre de ton être. Pourtant, c'est une “illumination” incomplète. L'identité a été démasquée, sa nature illusoire reconnue, que pourrait-il rester à atteindre? La réponse nous vient d'un maître Zen: “Quand un homme ordinaire atteint l'illumination, il est un sage; quand un sage atteint l'illumination, il est un homme ordinaire.”

La valeur de base fleurit quand la croyance de base n'est plus, mais le fait d'aller au-delà de la croyance de base ne va pas nécessairement aider la graine de la valeur de base à germer.

Imaginons maintenant une personne qui a touché sa valeur de base, mais qui n'a pas accompli un travail pour dépasser sa croyance de base: la graine de la valeur de base demeure à l'état dormant tant que l'identité séparatrice est là. Il se peut que quelques racines poussent, mais c'est tout. Seule l'abolition de l'identité prépare le sol afin que la graine puisse germer, développer de bonnes racines, croître et finalement porter des fruits: l'expression créatrice de l'unicité de la personne.



Quel est la finalité de ta vie?

Je suppose que cette question se réfère au niveau existentiel de la vie. Puisque sur le plan existentiel je ne pense pas en termes de finalité, je refuse de répondre.



Pourquoi ne pas répondre à cette question?

J'ai déjà répondu: sur le plan existentiel je ne pense pas en termes de finalité.



Existe-t-il une finalité, un sens de la vie?

Je ne crois pas qu'il y ait un sens qui s'applique à tout et à tous. Chacun détermine son propre sens qui lui est personnel.



Pourquoi est-ce que tu fais ce que tu fais?

La question est trop générale. Je pourrais donner une réponse à la question “pourquoi réponds-tu à mes questions?”, puisque c'est ce que je suis en train de faire.



Pourquoi est-ce que tu enseignes ta méthodologie de la PNL?

Les outils PNL font partie de mon enseignement. Je les enseigne parce qu'ils sont utiles à ceux qui désirent traverser le “processus de la croyance de base”. La motivation générale qui me pousse à enseigner est la joie du partage.



Pourquoi quelqu'un se met-il en route vers la libération?

Un événement doit survenir dans la vie de quelqu'un. Un événement qui est hautement révélateur et qui a pour effet de rendre prioritaire ce que j'appelle “arriver au bout de son évolution”. Un événement qui est suffisamment puissant qu'il fait émerger la croyance que ceci n'est pas seulement possible mais aussi réalisable.



Si tu pouvais changer une chose dans cette vie, qu'est-ce que cela serait?

Encore une fois, cette question est trop générale. S'il y a quelque chose à changer, ce ne pourrait être que dans un contexte spécifique où je suis impliqué personnellement.



Mettrais-tu fin à la faim dans le monde, ou procurerais-tu des logements aux sans-abri? (Je sais que c'est une question hypothétique.)

Je ne suis pas dans une situation qui me permettrait de résoudre des problèmes de société, et je n'ai pas les compétences nécessaires pour parler de ce sujet.



Quels sont tes projets d'avenir?

Tous mes projets ont un caractère hypothétique. L'hypothèse de base concernant mon avenir est: si je suis en vie, je ferai... Sois plus spécifique, s'il te plaît.



Est-ce que tu continueras à proposer ton travail sur la croyance de base?

Oui.



Quel est l'obstacle principal dans la quête de l'ultime?

Il n'y a pas de réponse globale à cette question. Parfois, j'ai une intuition concernant une personne, quand je la connais depuis un certain temps. Souvent, ma réponse indique le prochain pas que la personne pourra faire. Mais je ne parle que si je sens que l'autre est capable de digérer (et non vomir) ma réponse.