La Programmation Neuro-Linguistique (P.N.L.) au service de la quête de l'ultime
de Serge FONT
De part son intérêt à la P.N.L., j'étais venu à ce séminaire particulier que d'autres personnes m'avaient conseillé. Elles avaient vécu le déroulement complet du travail sur les croyances et sur l'identité. Plus qu'un nouveau savoir, plus qu'une découverte nouvelle, elles rapportaient avoir expérimenté une façon d'être "incroyable", où pourtant elles se reconnaissent tout à fait.
Alors, je me retrouvais là pour participer à un séminaire sur les croyances constituant notre "moi". Et plus particulièrement sur la croyance de base, première croyance qui s'installe dans chaque être humain dans la petite enfance. Elle est nécessaire à la mise en place de l'individualité, de l'ego, et restera le noyau dur de notre identité séparatrice.
L'exercice ne paraissait proposer qu'une exploration de ce qui constitue le fondement de ma personnalité. En fait, il s'est avéré être une véritable "descente aux enfers" qui permettait en même temps de découvrir des émotions et des pensées qui semblent à jamais enfouies. Et cela se faisait avec cette qualité particulière de discernement et de décryptage sur ma personne que les outils P.N.L. avaient générés.
Le début du processus me mit en contact avec des forces émotionnelles inouïes et nouvelles, et les pauses pour respecter mon écologie interne devinrent vite indispensables. Une sorte de conscience corporelle en quatre dimensions prenait place, la dernière étant d'une profondeur étonnante des états internes, accompagnée d'une "méta-observation", une dissociation mentale des événements de plus en plus fine, et paradoxalement, une envie de plus en plus furieuse d'y vouloir comprendre quelque chose. Le passage des ultimes ressentis ne se fit pas sans mal pour mon intellect: en effet, une forme de court-circuitage des propositions raisonnables ne levait pas simplement des résistances, mais de véritables rebellions, puis de véritables rejets contre la poursuite de l'exercice. L'impression émergeait de perdre toutes les bases de mon intelligence, la logique de mon vécu, l'explication parfaitement agencée de ma vie.
Puis, après deux journées et une nuit quasiment blanche, j'avais atteint cet état "perceptif" que le formateur désignait par "perception pré-sensorielle". J'étais là, assis sur un petit matelas, tout étonné de la qualité de ma conscience. Pratiquement impossible à décrire: conscience d'être conscient de manière insondable.
Conscience d'exister en dehors de la pensée.
De toute façon, plus de pensée, plus de dialogue interne, de cogitation ni de déduction, de remplissage de la conscience par les mots. Et ceci de manière naturelle. Sauf si je me mettais en intention de vouloir penser; alors la pensée apparaissait, réduite à sa simple fonction de théorisation intérieure, et non pas d'expérience de la réalité.
Evidence: pas d'expérience dans le registre de la pensée! Seulement l'idée de l'expérience.
Percée d'une compréhension non-intellectuelle: la lecture du monde se fait en direct, en amont de tous les apprentissages scolaires et éducationnels.
Le caractère saugrenu de l'identification à une partie, à une seule fonction de l'être, qui est la fonction de penser, m'apparut alors énorme, et en même temps dérisoire.
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Je comprenais ce qui m'avait été exposé et proposé: une autre dimension que celle du confort personnel peut être découverte par l'intermédiaire de cette utilisation particulière de la P.N.L.: vivre une liberté au-delà du bonheur en accédant à l'"état d'être" qui se trouve en amont des structures de l'identité.
Et du moins, découvrir réellement les mécanismes entretenant les structures de mon ego, de mon identité et empêchant la perception de "la structure qui relie" (Gregory BATESON, un des précurseurs de la P.N.L.).
"La carte n'est pas le territoire, les mots ne sont pas ce qu'ils désignent." Derrière ces simples postulats d'Alfred KORZYBSKI, fondateur de la "Sémantique Générale" et un autre prédécesseur de la P.N.L., se cache une évidence à vivre qui nous renvoie directement au non-nommable, à la non-séparation. La "lecture" du monde et de ses événements se fait à chaque moment à travers nos sens, qui sont loin d'être capables de percevoir tout ce qui existe, et encore moins de percevoir ce qui n'existe pas.
Nos cinq sens, ainsi que nos opinions, nos jugements et nos convictions agissent plutôt comme des filtres produisant ainsi des a priori perpétuels. En même temps nous croyons avec une absolue certitude que nous percevons le monde et les autres tels qu'ils sont, c'est-à-dire non-filtrés. Cette lecture fondamentalement erronée nous cache en permanence une vérité "inadmissible": le territoire (= le monde et l'autre, la nature de ce qu'ils sont) demeure à jamais insaisissable. Insupportable, et impossible à admettre tant que nous n'avons pas dépassé les limites de notre identité. Seul l'accès existentiel - au-delà des représentations, des croyances et dépourvu de tout jugement, en fait sans filtre aucun - au non-nommable, au non-compréhensible peut nous révéler les mystères de la vie et de la mort.
Il s'agit bien de libération, mais ici c'est dans le sens d'une libération de soi, d'accepter de s'abandonner (dans le sens strict du terme et non pas émotionnellement), de tout lâcher, à commencer par tous les savoirs, les acquisitions, les représentations. Passer du savoir - le plus souvent encyclopédique - à l'instant qui se vit lui-même en toute conscience. En s'offrant comme cadeau La Valeur (de base) grâce à cette deuxième naissance: devenir l'incroyable découvreur émerveillé du jeu incessant de la vie telle qu'elle est, et non pas telle je voudrais qu'elle soit.
La dimension de la perception pré-sensorielle devient pour celui en quête de la Libération une validation exemplaire de ce qu'il pressentait jusqu'alors.