Wolfgang BERNARD
LE CHANT DES SIRÈNES
- La P.N.L. et la Perception Pré-Sensorielle -




Voici quelques chapîtres du livre édité par Altess, Paris 1995:
 
Préface
Introduction: Le chant des sirènes
I LA PERCEPTION PRE-SENSORIELLE
* Le fonctionnel et l'existentiel
* L'identité séparatrice
* La perception pré-sensorielle, définitions et caractéristiques
* La perception pré-sensorielle et la P.N.L.
 
 
II REFLEXIONS SUR LE LANGAGE
* La P.N.L. et le langage
* Apprentissage primaire et secondaire
* Généralisation - Sélection - Distorsion
* Le Méta-Modèle du langage
* Le langage et l'identité
 
 
III LA CROYANCE DE BASE: CONSTITUANT CENTRAL DE L'IDENTITE
* La signification des croyances
* Le rôle de l'identité
* Le "Qui suis-je"-Blues
* La croyance de base
* Hypothèses sur son origine
* Préparations mentales
* Le travail sur la croyance de base
* Réflexions supplémentaires
* Le papillon
* Témoignages
 
 
IV LA VALEUR DE BASE
* Les critères
* La Valeur de base
* Témoignages
 
Le Chant des Sirènes, suite et fin
Lexique
Bibliographie
 


PREFACE
Quand j'ai commencé il y a 10 ans une formation de Programmation Neuro-Linguistique (P.N.L.) avec Alain Cayrol, Josiane de St.Paul, Jean-Marc Lhabouz et Gianni Fortunato, je ne savais pas que l'apprentissage de ces outils allait me rapprocher de ma quête essentielle: vivre une liberté au-delà du bonheur.
Au fil des années d'entraînement et d'application des techniques P.N.L. sur moi-même s'est formée en moi une utilisation insolite de la P.N.L. qui m'a permis d'abord de découvrir les micro-mécanismes entretenant le conflit de la séparation qui empêche la perception de "La structure qui relie" [Gregory Bateson], pour ensuite actionner les gestes mentaux nécessaires à la remise en question de ces mécanismes.
Tous ceux qui ont déjà suivi une formation P.N.L. se sont rendu compte de l'efficacité de ces outils pour la communication, le changement, le développement personnel et dans la gestion mentale. En effet, selon la compétence du formateur, "Ca bouge", comme on dit.
On peut ou se borner à mettre de l'ordre dans sa vie, ou à devenir plus performant, ou à vivre un épanouissement personnel au-delà de toute attente. Etre en bonne santé psychologique et être bien ancré dans la vie de tous les jours n'est pas seulement un objectif très honorable et réconfortant, mais aussi une des conditions nécessaires pour aller plus loin: se remettre en question pour vivre la dimension de la perception pré-sensorielle. Cette dimension ne se situe pas au même niveau logique que le bonheur ou la réussite personnelle et professionnelle.
Ce livre, qui se veut implicitement aussi un témoignage de mon propre vécu, décrit une méthodologie pratique, issue de la P.N.L., permettant de mener à bien certains gestes mentaux préparatoires de ce que l'on pourrait appeler "La Grande Remise en Question de Soi-Même". Il ne livre pas de solutions pour plus de confort, il veut repondre à certaines questions non encore abordées en P.N.L.
Néanmoins, ni la P.N.L., ni d'autres techniques ne sont susceptibles de révéler ce que nous sommes déjà.
La plus noble potentialité inhérente à l'être humain est celle de se libérer de ce que l'on peut appeler le syndrome de la séparation. En pratiquant la P.N.L. dans une perspective particulière (celle de la perception pré-sensorielle), il devient possible de comprendre et d'explorer les micro-structures de ce syndrome, qui fait que nous percevons l'autre comme un Autre, et qui nous empêche de percevoir la vie, ainsi que tout ce qui existe, comme un processus vivant et animé, où tout est relié avec tout.
Le premier chapitre rend compte brièvement du modèle de l'homme tel que le conçoit la P.N.L., et ceci dans la perspective de la perception pré-sensorielle.
Le deuxième chapitre explore les structures cachées du langage, et tente d'établir quelques hypothèses en ce qui concerne le processus de son ontogenèse.
Le troisième chapitre traite essentiellement de la "croyance de base", l'élément le plus profond et le plus inconscient du psychisme humain: la croyance de toutes les croyances, le constituant principal de ce que nous appelons "l'identité", et qui alimente le "syndrome de la séparation".
Le quatrième chapitre abordera la "valeur de base", la valeur de toutes les valeurs, cachée dans chaque être humain, le Graal, le meilleur de ce qui veille et dort au fond de chacun.
 
 
INTRODUCTION: LE CHANT DES SIRENES
Question: Qu'est-ce qui fait que tu as écrit ce livre?
Réponse: L'idée d'écrire un livre sur ma façon de pratiquer et d'enseigner la P.N.L. m'est venue spontanément en 1992, comme s'inscrivant dans un processus d'évolution personnelle commencé en 1970. Je faisais alors mes études à Francfort, en Allemagne, et je participais activement aux derniers souffles du mouvement étudiant. Comme la plupart des jeunes de l'époque j'étais déçu que la société ne bouge pas du tout vers cet humanisme que nous réclamions. Non seulement les institutions capitalistes ont continué à fonctionner comme auparavavant, mais les protagonistes mêmes de la révolte ont persisté à exprimer dans leurs comportements les attitudes qu'ils dénonçaient en paroles, comme l'égoïsme, la malhonnêteté, l'agressivité etc. La bonne volonté de se remettre en question était là, mais il y avait un décalage trop flagrant entre prétentions et réalité. La souffrance de découvrir ce décalage aussi en moi a produit un grand choc qui m'a fait poser pour la première fois de ma vie une question existentielle: "Qui suis-je, quel est le sens de ma vie? Tant que je n'aurai pas trouvé la réponse à ces questions, je ne pourrai plus vivre pour un but."
Ces questions, d'un coup, ont pris la forme d'une quête de l'absolu. A partir de ce jour-là, cette quête a été prioritaire dans ma vie professionnelle et relationnelle. Dans ce livre j'essaie de rendre compte de certains aspects de ma quête et de ses résultats.
Qu.: Est-ce que tu peux définir ce que tu entends par "quête" et la façon dont tu l'as vécue?
Rép.: La quête a commencé quand j'avais 22 ans. L'objectif était: je veux savoir pourquoi j'existe, quelle est la raison d'être de l'existence-même. Cette question était là et attendait une réponse. J'ai alors commencé à chercher des gens et des livres qui parlent d'elle. Essentiellement, j'ai trouvé des indications dans la littérature orientale, mais j'ai rencontré aussi des hommes et femmes remarquables issus de notre culture américano-européenne. Pour revenir à ta question: j'ai ressenti cette quête comme une nécessité absolue. Au moment où elle s'est formulée en moi, je l'ai su avec tout mon être: "C'est ça que tu dois faire en priorité!" Tout le reste, ma carrière professionnelle, l'argent et même créer une famille, rien n'a pu compter pour moi tant que je n'ai pas eu de réponse à ma question existentielle. J'ai vécu cette priorité comme une obligation que j'ai voulu accomplir à tout prix et avant toute autre chose.
Qu.: Comment t'expliques-tu le fait que très peu de gens partent pour cette quête?
Rép.: Je n'ai aucune explication sur ce fait. Mais je pourrais remettre en question que ceci est un fait. D'un certain point de vue, chaque être humain fait partie de cette quête. Au plus tard au moment de mourir, chacun est confronté avec ses sources. Mieux vaut s'immerger en elles auparavant.
Qu.: Ta quête t'a emporté aux sources de ton existence, de l'existence. Qu'est-ce qui me prouve que ce que tu dis est vrai ?
Rép.: Il n'y a pas de preuve qui puisse être captée par les sens ou par la pensée. De toute façon, il n'y a pas de preuve pour quelqu'un de l'extérieur. Pour celui qui se reconnaît dans ses sources c'est une évidence qui n'a pas de preuve. Cette reconnaissance se fait à un autre niveau logique que les équivalences complexes (Les équivalences complexes sont les structures linguistiques qui fonctionnent selon le schéma: x prouve y, par exemple: tu es gai, donc tout va bien pour toi.) qu'on étudie dans le cadre du Méta-Modèle en P.N.L. Mais au niveau logique de la perception source que j'ai appelé la perception pré-sensorielle on ne peut plus avoir de preuves, ce sont des phénomènes hors preuves.
Qu.: Si j'ai bien compris, pour toi l'accomplissement d'un être humain se situe en dehors de tout ce qu'on peut classer dans la rubrique psychologie/philosophie/religion?
Rép.: Oui. Presque toutes les approches dites "spirituelles" (à l'exception du Zen) enseignent aussi une certaine vision psychologique, une façon particulière d'aborder la vie interne et externe. Ceci répond à un besoin profond de vouloir comprendre la complexité de la nature de la vie, de l'existence. Il existe une multitude de modèles pour expliquer le sens de la vie et la façon dont on devrait s'y prendre pour être heureux. On en trouve dans les domaines de la philosophie, de la religion, de la psychologie. Et de nos jours il est probablement indispensable d'en passer par là quand on veut évoluer. Le besoin de vouloir comprendre la vie commence souvent tôt dans l'enfance avec des questions comme: "Qui a créé le monde? Qu'est-ce que l'infini?" Ce sont des questions- types auxquelles doivent répondre les parents. Le problème c'est qu'aucun modèle n'est vraiment adapté à ces questions, ou, autrement dit, chaque réponse verbale à ce genre de question sonne faux. Ceci a pour la plupart des enfants comme conséquence que cette question est mise au placard. Certains rouvrent ce placard plus tard et se mettent en route pour trouver la réponse. Et heureusement, il y en a une, mais elle n'est pas une réponse "mentalo"-verbale, ni une réponse d'ordre psycho-philo-religieuse.
Le modèle qui suit élucide peut-être un peu ce que je veux dire.
Partons de la présupposition que tout ce que nous percevons par nos sens n'est qu'une petite partie, disons 1% de ce qui existe. Les autres 99% nous échappent totalement. Le 1% est suffisant pour se débrouiller dans la vie. Y sont inclus la compréhension des mots, les approches psycho-philosophiques, les lois dites "naturelles", les lois de la société et tout le reste. Les 99% qui restent ne portent pas de nom, j'en suis alors ignorant. Comment m'y prendrais-je pour devenir conscient de tout cela? Pour percevoir les 99% de la vie qui se situent en dehors de mes facultés sensorielles? Sans me permettre une réponse verbale.
Qu.: Je ne comprends pas...
Rép.: Enlève le "je"! Ce qui reste c'est: "ne comprend pas". Ceci veut dire aussi: "ne voit pas, n'entend pas, ne ressent pas, pas de goût, pas d'odeur". En allant encore plus loin on peut dire: "pas de pensées, pas de modèles, pas de croyances...pas de 'je', pas de 'moi'". Et là, nous rencontrons l'obstacle principal qui nous empêche de percevoir les 99% qui sont la réponse. C'est notre identité: je, moi. Ce "je" ne perçoit que le 1% qu'il nomme, qu'il classe et qui lui permet de sombrer ou de s'éclater. Ce "je" est intrinsèquement fonctionnel, il nous permet d'apprendre et de savoir ce qu'il nous faut pour mener à bien les tâches de la vie de tous les jours. Du degré de son évolution dépend l'efficacité dans la vie sociale. Néanmoins il ne couvre qu' un petit pourcentage de l'ensemble d'une existence personnelle. Et, pour éviter tout de suite tout malentendu: il ne s'agit pas du tout de l'abolir, ce qui serait impossible, ni de remettre en question ses capacités et ses compétences. Il s'agit de basculer dans les 99% de l'inconnu et de l'inconnaissable tout en gardant toutes les facultés du 1% de "je"; à ce moment-là le "je" devient purement fonctionnel, un outil précieux dans la vie de tous les jours pour mener à bien les obligations sociales. Ce "je" se met en route quand il y a nécessité par exemple pour retrouver une information, pour apprendre quelque chose de nouveau, pour la planification du futur, pour communiquer avec autrui, pour déterminer les critères pour agir etc. Mais il n'en est pas le centre ni le chef, il est l'exécutant. C'est dans la perception pré-sensorielle que surgissent les 99% de tout ce qui est non-compréhensible, non-palpable, non-explicable, non-nommable. Et dans la prolongation et pour compléter l'ensemble apparaît le "1%je"-exécuteur en toute légitimité.
Qu.: Qu'est-ce qu'apporte d'être placé dans le grand morceau du gâteau?
Rép.: Rien du tout. Tout ce qui relève de la question: "Qu'est ce que cela apporte ou m'apporte?" se situe au niveau logique du petit morceau qui fait que le gâteau est entier.
Qu.: Si cela n'apporte rien, qu'est-ce qui donne la motivation pour vouloir basculer?
Rép.: Cela n'apporte rien de plus pour le "je" qui pense et agit selon les règles du rapport qualité/prix, et ceci en toute légitimité.
Pour répondre à ta question je vais faire référence à une métaphore, et je ne peux le faire qu'avec une très grande prudence.
La motivation pour vouloir basculer comme tu dis ne peut pas venir du "je". Mais on peut présupposer un autre genre de motivation qui se situe quelque part dans les 99% restants. Cette motivation se montre beaucoup plus discrète que la motivation du "je". Elle se fait entendre comme le chant des Sirènes, très doux, très enchanteur, presque inaudible: "Viens... viens à la maison..."
Pas plus que ça. C'est déjà suffisant pour effrayer le "je" qui se sent menacé dans ses tréfonds, et ceci sans aucune raison valable. Si les Sirènes arrivent un jour à faire entendre au "je" le caractère tout relatif et périphérique de son existence, même si ce n'est que pour quelques brefs instants, le "je" a déjà compris qu'un jour il ne sera plus le centre de son existence. Ce n'est que quand le "je" est arrivé à un certain degré de maturité, qu'il est perméable au chant des Sirènes.
Qu.: Comment peut-on savoir que le "je" est mature?
Rép.: Comme je l'ai dit, quand le chant des Sirènes est perçu.
C'est souvent le moment quand l'adolescent ou l'adulte commencent à se poser les questions essentielles sur la vie et la raison de l'existence. Nous sommes tous nés sans "je", sans identité séparatrice, et nous avons tous eu l'obligation d'en créer une. Une des caractéristiques d'un "je" mature est la prise de responsabilité pour son existence. Avoir compris par exemple que ce n'est pas de la faute des circonstances "défavorables" ou grâce aux circonstances "favorables" qu'on est là où on est. C'est là où le chant des Sirènes se distingue des "faux appels". Les Sirènes ne sont entendues que quand je peux assumer ma responsabilité dans ma solitude. Les "faux appels", souvent émis par des "gourous" en manque d'adorateurs font appel aux gens qui croient qu'une vie spirituelle veut dire de remplacer leur propre "je" par le "je" de quelqu'un apparemment plus fort et plus sage. Il y a aussi ceux qui croient en une sorte d'énergie divine qui un jour les sauvera. Ne pas prendre ses responsabilités vis-à-vis de la société peut nous mener en prison, ne pas prendre ses responsabilités vis-à-vis de soi-même peut nous faire croire à la rédemption par autrui.
Une autre caractéristique d'un "je" mature est l'absence de culpabilité. Celui qui choisit de se laisser envahir par ce "sentiment" rongeant évite au même moment d'assumer ce qu'il a fait ou ce qu'il a permis qu'on fasse avec lui. Un "je" mature est capable d'assumer - quitte à rentrer dans une véritable souffrance morale - des remords (Dans le sens du Dictionnaire de la Langue Française, Le Robert: "montrer de nouveau des dispositions pour une chose") sans culpabilité.
Qu.: Mieux vaut croire en soi qu'en quelqu'un d'autre?
Rép.: Mieux vaut vivre sans croyances, à moins qu'on soit dans une situation où il est préférable d'en inventer une pour ne pas brusquer quelqu'un ou pour éviter des ennuis. Plus je crois en quelque chose, plus je renforce l'idée que le 1% est le tout, moins j'entends les Sirènes.
Ce que je viens de dire ne peut pas être enseigné à un enfant jusqu'à la fin de sa puberté. Pour lui, il est important de faire grandir son identité jusqu'à maturation, donc de se créer des opinions, des jugements, des convictions qui sont autant d'aliments pour le "je".
Qu.: Quel est le rôle que la P.N.L. a joué dans ta quête?
Rép.: Définissons d'abord ce que j'entends par P.N.L. La P.N.L. propose une approche qui permet de mieux se connaître, de mieux cerner les mécanismes de son fonctionnement et de devenir plus performant dans la vie. Prise par le bon bout, elle peut aider le "je" à grandir pour atteindre la maturité. Je vais te donner quelques exemples:
1) La P.N.L. propose de travailler avec certaines présuppositions, entre autres celle-ci: notre façon de percevoir le monde n'est pas le monde. Ou, comme disait Korzybski dans son oeuvre principale Science and Sanity: "La carte n'est pas le territoire". Grâce à notre système nerveux nous "lisons" les événements de notre vie et les gens que nous rencontrons. Ensuite la P.N.L. nous enseigne comment nous pouvons accéder à une lecture saine de ce que nous percevons. Le terme "saine" signifie notamment ceci: prendre conscience que chaque être humain vit avec son modèle du monde qui le rend unique. Chacun vit selon ses critères, ses croyances et chacun met en route ses propres stratégies pour réussir ou pas. En tant qu'êtres humains, nous opérons selon notre propre carte qui, par définition, n'est pas le territoire. Nous "lisons" le monde, chacun selon notre propre façon qui résulte de facteurs génétiquement acquis ou cognitivement appris. Il s'ensuit que chaque être humain aborde le monde avec une carte différente. Si je veux alors comprendre quelqu'un, j'étudie sa carte au lieu de partir de l'idée que la sienne est comme la mienne. Un "je" sain opère en tenant compte de ce fait.
2) Une formation P.N.L. propose un exercice qui renvoie à une reconnaissance profonde de sa raison d'être: la valeur de base (voir chapitre IV). Celui qui va jusqu'au bout de l'exercice, se sent profondément enrichi et reconnu. Il s'agit d'exhumer la valeur cachée qui dort dans chaque être humain et qui en règle générale reste dans l'inconscient. Découvrir cette valeur aide le "je" à atteindre sa maturité.
3) Un dernier exemple que j'aimerais aborder pour soutenir l'hypothèse que la P.N.L. peut faire évoluer le "je" relève des croyances qui sont pour l'identité ce qu'est le tronc pour l'arbre. Quand on les travaille en P.N.L., il devient évident qu'aucune opinion, aucun jugement, aucune conviction n'est innée, tout est acquis et peut être modifié.
Un jour, une question fondamentale émergeait en moi: "Qui suis-je, si mes convictions profondes ne peuvent plus me définir?" Grâce à la P.N.L. j'avais appris et compris, et pas seulement avec la tête, que je ne suis pas mes croyances, que je ne suis pas les mots que j'emploie pour communiquer, ni les mots que produit mon cerveau en dialogue interne.
Qu.: Tu t'es rendu compte que tu n'étais pas ce que tu croyais être.
Rép.: Oui, mais ce n'était pas du tout facile. Mon système nerveux m'a joué bien des tours. Le "je" ne lâche pas facilement. Mais après la prise de conscience que "je" ne peut me définir ni par les mots ni par mes croyances j'ai eu la chance d'accéder à un mécanisme en moi qui entretenait l'identification au "je" et que j'ai appelé plus tard "la croyance de base". La rencontrer veut dire rencontrer la souffrance de la séparation moi-distinct-de-l'autre-et-de-la-vie; la dénoncer, c'est à mon avis aussi le début de la fin de toutes les souffrances dites psychologiques parce que sa remise en question consume l'attachement au "je", en le désemparant jusqu'à ce qu'"il" lâche prise.
Qu.: Et aujourd'hui?
Rép.: Ce que j'aime dans la P.N.L., c'est ce que j'aime dans la vie: jouer aller au fond des choses, jouer décortiquer, jouer découvrir, jouer analyser et synthétiser, jouer lancer des hypothèses et faire partie de la quête de l'essentiel qui joue avec ses propres origines. En m'accordant toute la liberté d'être de plus en plus curieux et en me laissant bercer par le chant des sirènes.
 
 
 
LEXIQUE
Croyance:
Attitude particulière propre à l'être humain, qui prend un fait observé pour réalité sans prendre en considération que des modifications de la façon d'observer peuvent rendre caduques les conclusions antérieures.
 
Croyance de base:
Suggère au mental l'existence d'une identité cohérente, la considérant comme réelle. A l'origine de la quasi-totalité des conflits dits psychologiques.
 
Ecologie:
Geste mental faisant partie de l'enseignement P.N.L., qui suggère de prendre conscience d'éventuels effets secondaires indésirables qu'un changement de comportement ou de l'attitude peut causer sur soi (écologie interne) et/ou sur son entourage (écologie externe); le cas échéant faire les ajustements nécessaires pour éviter des conséquences non souhaitables.
Existentiel:
Concerne tout ce que le mental ne peut pas représenter: le non-nommable, la non-identité, la structure qui relie tous les phénomènes; ce que l'homme est.
 
Fonctionnel:
Tout ce qui relève des activités internes et externes d'un être humain: ses états internes, la façon dont il agit dans la vie, ses stratégies pour se motiver, pour apprendre et pour comprendre, ses critères de choix, ses croyances.
 
Généralisation-Sélection-Distorsion:
Gestes perceptifs issus de la perception pré-sensorielle qui sont à l'origine de nos facultés mentales de représentation (comme le sont par exemple la représentation du temps et le langage); leur mise en place se situe tôt dans l'enfance, de façon rudimentaire même avant l'acquisition du langage. La rencontre du spermatozoïde avec l'oeuf produit les deux premières cellules du corps - la généralisation, la sélection et la distorsion sont les trois gestes neuronaux que le système nerveux met en place pour accoucher la faculté de la représentation. La multiplication de la complexité de cette mise en place évolue plus tard vers la construction d'une identité.
 
Identité séparatrice:
Construction mentale qui commence à s'établir très tôt dans l'enfance et qui permet de se considérer comme séparé de l'autre et de l'environnement. Permet à l'enfant l'accès à la représentation et ainsi l'acquisition de tous les outils nécessaires à la vie sociale. Pour l'adulte l'obstacle principal l'empêchant de se souvenir de ses origines et de s'accomplir.
 
Intérêt personnel:
Intérêt de l'identité de défendre et de multiplier ses biftecks pour ainsi garantir sa survie (un peu comme chez les animaux), souvent à l'aide de manipulations bien camouflées; plus facile (bien que pas toujours apparent) à détecter chez l'autre que chez soi-même; ce qu'on n'aime pas chez l'autre, c'est en règle générale son intérêt personnel à lui, on est renvoyé à son propre intérêt personnel quand on le lui reproche; le Judas dans la Bible, la façon dont son attitude vis-à-vis de Jésus est interprétée habituellement; les "esprits affamés" dans le Bouddhisme Tibétain; dans les sociétés chrétiennes l'intérêt personnel se cache souvent derrière la charité.
 
Méta-Modèle du langage:
Modèle qui étudie les structures sous-jacentes du langage; développé par les fondateurs de la P.N.L.: John Grinder et Richard Bandler; l'exploration du Méta-Modèle peut faire jaillir la compréhension de la phrase d'Alfred Korzybski, un des précurseurs de la P.N.L.: "les mots ne sont pas ce dont nous parlons".
 
Niveaux logiques:
Il s'agit de distinguer un phénomène (par exemple 'la carte') de la catégorie ou de la classe à laquelle ce phénomène est subordonné (par exemple 'le territoire'). Autrement dit: la carte est plus spécifique que le territoire et appartient ainsi à un autre niveau logique.
Distinction importante pour le développement personnel, notamment pour déjouer en soi-même la confusion très répandue des niveaux logiques de la description d'un phénomène d'un côté et de son interprétation personnelle de l'autre côté. Penser et communiquer sans confondre les niveaux logiques peut nous faire prendre conscience de quelle façon notre esprit représente les interconnexions entre nous-mêmes et l'autre/l'environnement.
 
Perception pré-sensorielle:
Terme qui représente ce qui n'est pas représentable: la dimension perceptive non-filtrée qui est le lien entre tous les phénomènes - perçus ou non-perçus, existants ou inexistants.
 
Valeur de base:

La valeur la plus noble inhérente à chaque être humain; à ne pas confondre avec ce que représentent des mots comme: morale, éthique ou vertu, dont la signification varie selon la culture. La découvrir en soi veut dire: toucher un secret sacré caché.